Ce 3e dimanche de Carême nous offre la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. Après le désert, la montagne de la Transfiguration, Jésus nous propose de nous asseoir avec lui sur la margelle du puits de Jacob. Jésus est en chemin, avec ses disciples, vers la Galilée et décide de s'arrêter dans ce lieu pour se reposer. Jésus est fatigué, il s'assoit pour se reposer. Gardons ce fait et méditons-le. Jésus reconnaît sa fatigue et se repose. Si l'Évangile le note, c'est qu'il y a un message spirituel à recevoir. Jésus, certes, se repose en s'asseyant sur la margelle du puits. Mais, sans nul doute, la rencontre avec la Samaritaine est une occasion de se ressourcer, car il partage ce qui le fait vivre.
En chacun de nous, il y a une Samaritaine
Ainsi, nous aussi, pour contrer l'épuisement, recherchons ce qui nous fait vivre. Quel est le cœur de notre vie, qu'est-ce qui nous fait vibrer au point de nous redonner de l'énergie ? Quels sont les lieux où nous partageons cette force avec les Samaritaines de nos jours ? Prenons le temps de réfléchir à ces questions qui peuvent éclairer notre chemin de Carême.
Demandons-nous si la Parole de Vie que constitue la Parole de Dieu est pour nous une ressource. Cette Parole nous donne-t-elle de l'allant, qui nous donne de l'élan pour aller à la rencontre de nos contemporains ? Cette rencontre doit nous importer, non pour imposer l'Évangile à nos contemporains, mais pour leur témoigner de la tendresse de Dieu.
Ce qui importe dans cette attitude, c'est la qualité de dialogue que nous tissons avec nos interlocuteurs. Ainsi, Jésus entre en contact avec la Samaritaine en la rejoignant dans son quotidien : « Donne-moi à boire », lui dit-il. Il s'intéresse à elle pour ce qu'elle est : une femme qui va au puits pour puiser de l'eau. Et nous, de quelle manière tissons-nous des relations avec nos contemporains ? Sommes-nous intéressés par ce qu'ils sont ? C'est dans cette attitude que nous pourrons témoigner de la proximité de Dieu.
S’intéresser à l’autre, comme Jésus
Jésus s'est intéressé à la Samaritaine, alors que les Juifs et les Samaritains se méprisent du fait d'une interprétation différente de la Loi. Jésus s'intéresse à cette femme pour ce qu'elle est.
Il est au milieu du jour, il fait chaud et elle vient chercher de l'eau, alors que l'habitude est de le faire à la fraîche, tôt le matin. Ainsi, cette femme est comme mise au ban. Jésus a donc l'audace de lui parler. Gardons cela au cœur : que le Fils de Dieu ne s'intéresse pas à la condition des personnes rencontrées, mais d'abord aux personnes. Cette femme a une vie compliquée, semble-t-il. Mais, qu'importe. Jésus vient à sa rencontre pour lui offrir une vie en abondance.
Voilà la révolution que nous propose de vivre l'Évangile : recevoir la Bonne Nouvelle de l'Amour que Dieu nous porte de manière inconditionnelle. N'oublions pas aussi que cette annonce, cette proximité du Seigneur, s'adresse à tous et de manière toute particulière aux blessés de la vie, aux Samaritains et Samaritaines de notre monde. À nous de trouver, voire de provoquer, des occasions de rencontres, d'offrir des puits de Jacob, pour que les femmes et les hommes de ce temps entendent la promesse d'Alliance que Dieu ne cesse de nous faire. Là est la vraie nourriture et la vraie boisson qui nous donnera de survivre dans les déserts de notre monde.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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