Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Jn 4, 5-42 La demande nous conduit au pardon et à la Vie en plénitude.

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 8 Mars 2026, 06:36am

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, t qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !... Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? » La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui. Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger. » Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. » Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : ‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur. Il est bien vrai, le dicton : L’un sème, l’autre moissonne.’ Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. » Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Jésus et la samaritaine se rencontrent intimement et approfondissent l’un et l’autre, l’un par l’autre, le mystère de la Vie en eux.

Jésus et la samaritaine se rencontrent intimement et approfondissent l’un et l’autre, l’un par l’autre, le mystère de la Vie en eux.

 

« Donne-moi à boire. » Demander est ce qui ouvre la relation, elle interpelle l’autre, celui à qui est adressé la demande, elle le surprend. La surprise par rapport, certes, à ce qui est demandé, mais aussi à ce que la demande reçue produit en lui. Ainsi Jésus par cette demande suscite la Samaritaine. Elle se mobilise, et devient présente avec tout son être. Elle formule, elle aussi, à son tour, en retour, une demande adressée à Jésus.

« Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » La Samaritaine est disponible, largement. Elle ose demander quelque chose qui compte pour elle, à quelqu’un de réel, qui est en face d’elle. Ce qu’elle demande la dépasse et elle ouvre son propre être dans cette demande. Dès lors, une reconnaissance mutuelle est là qui donne à des paroles plus profondes de pouvoir s’échanger entre elle et Jésus, donnant à chacun parce que reconnu par l’autre d’être davantage lui-même, sans se cacher.

Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. Cette démarche menée par ces deux libertés continue à ouvrir, à ouvrir l’humanité. Une promesse offerte à tous. Y accéder demande d’entrer dans cette dynamique de rencontre, et chacun de nous peut la vivre. Osons quitter nos considérations extérieures pour nous laisser être par le plus profond de nous-mêmes, en nous laissant, nous aussi, suscités par le dialogue avec Lui, un dialogue toujours offert. N’ayons pas peur d’aller à Lui comme nous sommes, le fond de notre cœur lui demeure toujours offert, n’ayons pas peur de perdre la face, abandonnons-nous à son Amour.

« Pour moi, j’ai de quoi manger » Jésus nous dit ce que la rencontre en vérité avec l’autre humain suscite en son cœur. Combien la relation avec l’autre nourrit, accomplit sa propre relation avec son Père. Prenons conscience à travers cela de la merveilleuse promesse qui est offerte à chacun de nous, entrons en elle, laissons la se propager à travers nous envers nos frères et sœurs humains, laissons l’Amour tisser son Royaume.

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite

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