Nous fêtons ce dimanche le Christ-Roi : fin de notre année liturgique. Dimanche prochain s'ouvrira le temps de l'Avent qui nous conduit vers Noël. Pour bien comprendre le sens de cette fête, souvenons-nous des mots de Jésus à Pilate : « Mon royaume n'est pas de ce monde. » Ainsi, le Christ a pour seule couronne celle d'épines et pour seul sceptre : la croix. C'est différent des rois de la Terre au jour du couronnement. Pourtant, il est tout aussi roi – ou plutôt autrement roi.
Comment le Christ est Roi ?
La Royauté du Christ ne fait pas de nous des sujets mais des amis. « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis ». Jésus s'est agenouillé, le soir de la Cène, pour montrer que le vrai roi est celui qui est le serviteur. Le Christ est venu au cœur du monde pour servir la volonté de son Père : établir un royaume de justice et de paix entre nous. Il désire par-dessus tout conquérir nos cœurs malades et compliqués (Jr 17, 9). Nous le savons bien. Même ses propres disciples connaissaient des difficultés dans leur foi.
Ainsi, suivre Jésus n'est pas chose facile. Nous avons notre désir, notre bonne volonté mais souvent elles ne suffisent pas pour nous convertir pleinement. Mais, c'est peut-être une bonne chose. Car la conversion, même si elle est de l'ordre du désir, n'est pas automatique. C'est d'abord s'exposer à la grâce. Se laisser intimement, infiniment rejoindre par l'Amour de Dieu. Reconnaître que Dieu me donne sa vie, par amour pour qu'à mon tour je puisse le distribuer au monde. Ce n'est pas facile. Il s'agit de se laisser entrer dans le schéma de Dieu qui nous invite à perdre pour gagner une vie en abondance. C'est marcher à la suite du Christ comme nous l'enseigne l'Écriture. Mais, c'est l'esprit de l'Écriture qui est important et non la lettre.
Ainsi, entrer dans la logique de Dieu c'est se laisser rejoindre par Sa Parole au cœur de notre vie, au cœur de notre monde. Il n'est jamais trop tard pour se convertir, pour reconnaître que le Seigneur parle à mon cœur et me propose de l'ouvrir aux dimensions du sien.
Regardons le bon larron dont la figure nous est présentée dans l'Évangile de ce dimanche du Christ-Roi. Il reconnaît en Jésus celui qui est le juste par excellence sans le défier comme l'autre crucifié. Cet humble comportement peut nous aider dans notre vie spirituelle. Reconnaître pleinement la place de Dieu et ne pas vouloir le défier. Cela est l'œuvre de l'ennemi de la nature humaine, comme nous le lisons au début du Carême avec les tentations de Jésus.
Collaborateurs du Roi de l’Univers
Il est important de nous reconnaître comme les collaborateurs de Dieu, ses amis. Nous sommes avec Lui, à ses côtés, choisis par Lui. Ne cherchons pas autre chose. C'est déjà une mission difficile si nous la prenons au sérieux. Choisir de vivre ainsi c'est renoncer à la facilité du monde présent. Ainsi, nous pouvons entrer dans un choix de vie qui demande de s'ajuster en permanence à l'Amour de Dieu. Ainsi, nous pourrons tel le bon larron entrer dans le Paradis c'est-à-dire la plénitude du fol Amour de Dieu. Comment avec de telles promesses ne pas désirer entrer dans ce chemin de conversion que le Seigneur nous propose.
Pierre-Baptiste Cordier-Simonneau
membre de la société de vie évangélique du Cœur de Jésus
/image%2F0931903%2F20251121%2Fob_0fff1d_chrit-roi.png)
