Nous continuons notre belle aventure avec le prophète Elie. Belle aventure car elle dit quelque chose de notre nature humaine. Cette semaine nous allons nous arrêter sur ce que nous appelons l’itinéraire recalculé.
Rappelons que le nom Elie signifie « le Seigneur est mon Dieu » ; un nom-programme n’est-ce pas ?
Au cours de la semaine, nous allons voir comment dans ce moment de nuit, de désespoir le sens de son nom entre en jeu et fait recalculer l’itinéraire de son parcours…
Dans le verset 4 du chapitre 19, le prophète est allé jusqu’à demander la mort. Plusieurs l’ont fait dans la Bible, plusieurs prophètes ont tenu ce propos[1] dans de circonstances variées mais presque similaires : situation d’épuisement, incompréhension, rejet… Mais ils n’ont pas détourné la face du Seigneur Dieu.
On voit bien que Elie traverse une solitude, un abandon qui lui donne le « goût » de la mort. Rappelons qu’il traverse l’épreuve de la foi sans perdre l’horizon final, l’assise existentielle de sa vie, la source qui reste lorsque tout finit : le Seigneur. Il ne demande pas sa mort à la « mort » mais bien évidement au Seigneur qui est « son Dieu ». Cette demande avec son goût presque amer, va redonner vie à une vie perdue dans le désert. C’est dans les ténèbres que la petite lueur a valeur d’or, c’est dans les épreuves que le silence de Dieu peut devenir acte de foi, lieu de découverte d’un Dieu autre que celui de nos certitudes. Mais Dieu dans nos faiblesses se fait présence. Présence par l’inhabituel, présence à travers des frères. Il se fait présent par des Anges[2].
5Puis il se coucha et s'endormit sous un genêt isolé. Mais voici qu'un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi et mange ! » 6 Il regarda : à son chevet, il y avait une galette cuite sur des pierres chauffées, et une cruche d'eau ; il mangea, il but, puis se recoucha. 7 L'ange du SEIGNEUR revint, le toucha et dit : « Lève-toi et mange, car autrement le chemin serait trop long pour toi. » 8 Elie se leva, il mangea et but puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, l'Horeb
Ici ce qui est frappant c’est l’attitude du prophète. Son obéissance à la réalité. Dans son épreuve voilà que l’itinéraire se recalcule avec la visite inattendue de l’Ange. Nous voulons croire qu’aujourd’hui encore il y a des anges en nous, ou mieux des anges autour de nous qui nous présentent le repas de la part du Seigneur dans nos épreuves. « Lève-toi et mange ! ». Nous pouvons voir dans ces mots simples, cet appel de Dieu à la vie ! Même dans la nuit la plus obscure je veux croire que Dieu m’envoie des Anges, je veux croire que Dieu t’envoie des anges…le retour de l’ange est extraordinaire : « Lève-toi et mange, car autrement le chemin serait trop long pour toi. » ! Voilà qui est dit. Même si nous pensons qu’il n’y a pas d’issu, Dieu a une bonne nouvelle pour nous car il est prêt à recalculer l’itinéraire pour nous. En cette semaine nous voulons croire qu’il y a encore du chemin à faire ; nous pouvons croire que le Chemin est long, que le Seigneur marche à nos côtés sur ce chemin inconnu. Alors sommes-nous prêts à prendre le pain et l’eau que nous donne l’Ange du Seigneur ?
Même si notre réponse est un soupir sans savoir vraiment si nous avons faim, ou un oui quoique peu résolu, osons saisir l’opportunité d’une visite et d’un festin dans notre désert, dans notre condition de sans abri, sans protection (le désert)… acceptons cet honneur quoique difficile et incompréhensif. « Lève-toi et mange, car autrement le chemin serait trop long pour toi ».
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