Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Jn 2, 13-22 Dédicace de la basilique du Latran

Publié par Olivier de Framond compagnon jésuite sur 9 Novembre 2025, 09:38am

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Le nouveau temple de Dieu

Le nouveau temple de Dieu

Ce jour du 9 novembre fête d’une certaine manière la conversion de l’Empereur Constantin et l’intégration de la foi chrétienne pour tout l’Empire romain. Ce sera du coup la fin des grandes périodes de persécution des Chrétiens. C’est aussi le début des « Conciles œcuméniques », qui réunit les évêques de toutes les Églises, tandis qu’avant on avait le des Conciles propres à telle ou telle région ici ou là. Ce ne sera plus les persécutions, mais l’ère du combat contre les « hérésies ». Elles ont suscité le Credo, celui de Nicée-Constantinople. Nous le disons rarement, préférant le « Symbole des apôtres » plus simple et audible, dont l’origine semble plus vague, mais que les Églises orientales et orthodoxes n’admettent pas. Bref, nous honorons un moment fort de l’histoire de l’Église. Elle ne peut oublier ce qui a fait sa Source : le Christ, son incarnation, un jour du Temps, il y a 2000 ans, en un point de la planète. Et l’évangile que son passage a suscité, la Bonne Nouvelle de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

L’évangéliste a eu pas mal d’années pour « relire et digérer » l’événement de ce passage, l’événement « Jésus sur terre ». Nous n’avons pas fini de le relire, à mon avis. Même 2000 ans après, il nous faut faire et refaire l’expérience des premiers disciples : nous laisser toucher et saisir par cet « événement ». Jean l’a éprouvé dans son être. « Jésus s’est réveillé d’entre les morts », dit-il. L’incarnation du Christ et sa Mort-et-Résurrection sont encore là, qui nous appellent à cheminer, en son Église. La vie traversée avec lui sur terre est devenue Chemin, Lumière. Ils se sont rappelés ce moment rude où il a chassé les vendeurs du Temple. Ils l’ont revu avec une intelligence nouvelle des Écritures, si bien que les voilà à croire aux Écritures et aussi – ou mais aussi ? – à sa Parole qu’il nous disait. Jean en est tout retourné ! Il le redira au chapitre 14 d’une autre manière : « vous croyez en Dieu », un peu comme par fidélité à une Tradition, eh bien « croyez aussi en moi ». Ce Jésus qui « se réveille » en moi, comme en d’autres, il est un Chemin, une Lumière, à connaître, à éprouver, à recevoir, aujourd’hui et demain.

En Lui Jean a fait l’expérience de reconnaître l’accomplissement de la pâque juive en celle du Christ. Le fouet qui chasse du Temple, qui a pu le heurter – et il y a de quoi –, il le reconnaîtra plus tard en ce bois d’une Croix, qui chasse mes images de Dieu et mes besoins trop étroits pour choisir d’entrer en vérité dans la Maison de Dieu, la vie de Son Père et notre Père. Jean verra un jour que le Temple de Dieu, c’est le Ressuscité, qui s’est « réveillé » en lui et en plein d’amis de ce Jésus. L’évangéliste aura toujours soin de marquer le fossé entre la parole de Jésus et l’accueil que nous en faisons. C’est vrai ici entre Lui et les Juifs qui l’interpellent, mais ça le sera avec Nicodème, avec la Samaritaine, avec ses disciples. Comment en serait-il autrement pour nous ? Seigneur, ton Église chemine. En Toi, elle ne peut que tâtonner, être remuée, retournée, parfois déroutée. Permets qu’elle éprouve en elle, et nous, moi, chacune, chacun, le « Jour où Tu t’es réveillé ».

Olivier de Framond compagnon jésuite 

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