En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue de Capharnaüm et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle. Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui. Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.
Le parcours d’une goutte d’eau qui tombe du ciel - Citerneo une image de l’action du seigneur en l’humanité (merci à l’auteur de cette photo)
Le seigneur déploie sa manière de vivre. Ce n’est plus à la synagogue mais au sein d’une famille. Il restaure la vie dans la maison en redonnant la santé à l’âme de celle-ci : la belle-mère de Simon. Jésus redonne vie par le germe, pour que la vie se déploie ensuite de nouveau comme par elle-même. Il agit doucement, il suscite. Et d’autres viennent alors lui demander comme l’avait fait Simon Pierre il y a quelques heures. Et la bourgade s’ouvre de nouveau à la vie par la base avec la vie revenue dans la personne, au sein de la famille. Cela ira-t-il plus loin ? La nuit vient, chacun plonge dans le secret de son être là où chacun peut entrer en relation profonde avec le mystère de la Vie ou au contraire divaguer…
Ce retrait nocturne amène Jésus, quant à lui, au petit matin, a quitté la bourgade pour aller prier, demeurer auprès de son Père, entrer en conversation avec Lui, prendre la mesure de ce qu’il vit, de ce à quoi ce qu’il vit l’appelle. Un pas posé en répondant à l’attente de Pierre en a entrainé bien d’autres alors quelle est la suite pour ce dynamisme ? La venue des gens de Capharnaüm le convainc de la bonne orientation pour lui dans sa mission… Annoncer, susciter, appeler et en, aucune manière, gérer, organiser, structurer… Il va plus loin, pauvre, tourné vers la rencontre.
Comme une goutte d’eau qui en tombant ébranle la surface de l’onde, l’action de Jésus est douce limitée. Elle est là pour susciter en nous une réponse qui ébranlera plus loin. Jésus ne change pas la situation par une action imposante mais en suscitant chez l’autre un mouvement. Nous aussi nous avons à vivre ainsi. C’est ainsi que se constitue les prémices du Royaume, pas dans les grandes actions volontaristes. N’ayons pas peur de faire, auprès de nos proches, de pauvre premier petit pas…
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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