Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Luc 12, 49-53 20ème dimanche C- « Je dois recevoir un baptême »

Publié par Olivier de Framond compagnon jésuite sur 16 Août 2025, 09:43am

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Son baptême porte le nôtre (merci à l’auteur de la photo)

Son baptême porte le nôtre (merci à l’auteur de la photo)

« Je suis venu allumer un feu sur la terre ». Pourtant on n’en a pas besoin en ce moment ! J’accueillerais mieux qu'il vienne apporter de la fraîcheur ! Mais il ajoute : « je dois recevoir un baptême, et quelle n'est pas mon angoisse jusqu'à ce qu'il soit accompli ». Un baptême, il nous arrive de le demander pour nos enfants ou pour nous-mêmes. Tandis que ce baptême, Jésus ne le demande pas, il se dispose seulement à le recevoir. Et il semble qu'il soit déjà commencé puisqu'il s'agit d'aller jusqu'au bout. Recevoir un baptême, pour lui c'est accueillir la vie de Dieu pour la révéler et l'offrir à toute la création et la tirer vers le haut.

 

Et nos baptêmes ? Ils s'inscrivent dans le sien pour choisir la vie, la justice de notre Créateur et Seigneur en devenant enfants de Dieu. Le Christ nous invite à devenir des contemplateurs de son offrande, en toute nos actions. Nous le voyons avec le Prophète Jérémie. Et nous le réentendons dans la lettre aux Hébreux. Pour sortir du découragement qui nous accable parfois, en effet, le travail à opérer est de méditer le Serviteur souffrant, le Christ qui se donne sur la croix. J’avoue que je n’ai pas toujours ce réflexe ! Le méditer, c'est demeurer suffisamment pour accueillir l'Esprit Saint qui le fait endurer et traverser ce que le péché enferme, jusqu'à pousser un cri d'admiration et de gratitude pour le ciel qui s'ouvre ! Ce n'est pas du dolorisme, personne n'a à chercher à se martyriser. C'est seulement emprunter le chemin qui mène à la vie. C'est comme si Dieu nous donnait une ordonnance médicale pour notre paix véritable, et l'ordonnance est cette contemplation.

 

Le prophète a connu la vase et la boue où il enfonçait, marque du péché du monde, de nos aveuglements. Nous le voyons, quand une guerre se déclare, faire la paix n'est pas une volonté. Les frères se déchirent entre eux pour avoir la plus grosse part, et il s'appelle cela de la politique. Et la volonté de préférer la paix à la guerre ou la violence, elle semble faible ou absente. Jérémie a une parole qui ne plaît pas au peuple qui se sent démoralisé. Le peuple n'a pas encore opéré en lui le passage à la contemplation du Christ dans sa Passion. Du coup il se sont accablé et non pas stimulé à choisir la vie, car il n'écoute que ce qu'il veut. Donc seule issue : supprimer celui qui nous accable. Quand les humains préfèrent la mort, Dieu ne peut apporter la paix. Mais il divise, les uns contre les autres. Et surgiront des Ébed-Mélek pour rechercher encore un peu de justice. Contempler le Serviteur qui endure et traverse la croix produit en nous la conversion qui nous apprend à demander. Demander, je me rends compte que je ne sais pas faire. Je préfère me débrouiller tout seul. Aïe aïe aïe ! Demander à quelqu'un une chose que je désire, cela rend vulnérable. Et vulnérable, c'est être enfant de Dieu. L'enfant en effet est dépendant de ses parents et d'autres adultes. Recevoir son baptême, Jésus l'accomplit en étant enfant de son Père, jusqu'au bout, devant les hommes. Ce qu’il révélera, ce sont les intentions qui dirigent nos pas.

 

Seigneur, accorde-nous le courage de la vérité et de la bienveillance envers tes frères et sœurs d'humanité.

Olivier de Framond compagnon jésuite

Jr 38, 4-6.8-10; Ps 39 (40), 2, 3, 4, 18 ; He 12, 1-4

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