Nous poursuivons, ce 27e dimanche ordinaire, nos réflexions autour de la vigne du Seigneur. La question que l’Évangile de ce dimanche nous pose est : que faisons-nous de la vigne que le Seigneur nous confie ? De quelles manières prenons-nous soin de ce trésor ? Il ne s’agit pas seulement de garder la vigne, de l’entourer de hauts murs pour empêcher les intrusions. Il faut aussi en prendre soin pour la faire croître et qu’elle donne de bons et beaux fruits. C’est en substance ce que nous fait comprendre Jésus dans l’Évangile de ce dimanche.
Faire croître l’Évangile
Nous qui avons reçu le don de la foi, nous avons la responsabilité de faire croître l’Évangile. Nous avons à être et devenir chaque jour davantage de fidèles intendants, bons et loyaux, du Royaume.
Cet appel, cette responsabilité s’adresse à chacun de nous dans la singularité de sa personnalité. Elle est une dynamique dans laquelle nous avons à nous installer si nous voulons faire croître le Royaume et sa justice. Toutefois, ayons à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’une entreprise à faire croître, mais d’un don à offrir au plus grand nombre. C’est pour cela qu’il est important de prendre le temps d’entendre ce que le Seigneur désire que nous fassions.
Nous ne soulagerons pas toute la misère du monde, ni ne conduirons au baptême toute l’humanité. L’essentiel n’est pas là. Ce qui compte, c’est la manière dont nous manifesterons au monde la tendresse de Dieu. Il s’agit bien d’être d’abord témoin et disciple de Jésus avant de se lancer dans l’action. L’action est utile à la condition qu’elle soit subordonnée à un but précis. Ici, c’est révéler l’Amour de Dieu ou, pour reprendre la parabole de la vigne de ce dimanche : permettre d’avoir de beaux et bons raisins pour qu’ils deviennent ce succulent vin pour les noces de l’Agneau.
Comment faire croître l’Évangile ?
Alors, que faut-il faire ? Garder secrètement le don de la foi et le réserver à certains, choisis pour leur sainteté et leur pureté ? Ou bien sortir de notre confort pour trouver des occasions d’être avec les femmes et les hommes de ce temps ?
Dans son récent voyage à Paris, Léon XIV nous a rappelé, lors des vêpres à la cathédrale Notre-Dame de Paris, que « la communauté chrétienne ne constitue pas un refuge dans lequel on se replierait pour se protéger de son époque. » Il nous a aussi rappelé quelle était la force d’une Église vivante : accueillir la périphérie qui se trouve déjà en son cœur, accueillir celui qui est éloigné mais en réalité déjà proche, accueillir l’étranger en qui le Christ frappe déjà à la porte. Laissons-nous habiter par les mots de ce pèlerin de la paix venu encourager ses frères et sœurs dans la foi. Nous saisirons ainsi davantage quelle est notre mission, celle de l’Église, communauté de croyants.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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