Pourtant, Jésus se manifeste à lui, devant témoins, pour l'inviter à passer du doute à la foi. Nous aimerions, sans doute, être comme Thomas. Avoir des preuves tangibles de la présence du Ressuscité. Mais, à l'évidence, le Ressuscité n'est plus factuellement présent au cœur de notre monde. Même si l'Esprit Saint atteste de cette force et de la réalité de sa présence qui nous donne d'espérer contre toute espérance. C'est cela, en fait, croire sans voir. Il s'agit bien de mettre tout notre désir dans l'espérance, dans la force et l'amour du Christ.
L’absence tangible du Christ à nos yeux nous donne la force pour bâtir en ce monde et en ce temps son Royaume et sa justice. C'est-à-dire que nous avons à tout mettre en œuvre, en son nom et avec tout ce que nous sommes, des conditions pour que le règne du Christ s'établisse. Son amour, sa force de vie nous sont donnés une fois pour toutes, mais il nous revient de les installer dans ce monde. Nous ne vivons pas sous tutelle.
La résurrection du Christ nous fait devenir des femmes, des hommes debout, responsables et capables. Aidés de la force de l'Esprit, nous pouvons œuvrer pour que la générosité prenne le pas sur l'égoïsme, que le « chacun pour tous » remplace le « chacun pour soi ».
Baptisés dans l’espérance
L'espérance à laquelle nous sommes appelés en ce temps de Pâques nous invite à ouvrir les yeux et les oreilles. Si nous voulons vivre de et dans la miséricorde de Dieu, nous avons à voir et à vivre toutes choses nouvelles.
Pâques, c'est l'ère du renouveau, de ce qui permet de reprendre vie et souffle dans la dynamique de notre baptême. Nous avons renouvelé ces promesses lors de la nuit de la Pâques pour que nous puissions faire davantage de place au Christ ressuscité dans nos vies. Pour cela, nous avons besoin d'accueillir la grâce de Dieu. C'est elle qui nous donne d'espérer contre toute espérance.
Alors, une fois encore, prions les uns pour les autres, les uns avec les autres pour garder au cœur l'indispensable louange qui nous tient dans la proximité avec l'Éternel Seigneur de toutes choses. Elle nous permet de reconnaître que le Seigneur nous rejoint dans les Galilée de notre vie. Il nous y accompagne pour nous conduire vers une vie qui est tournée vers l'avenir plutôt que vers les blessures du passé.
Que le feu nouveau de Pâques vienne réchauffer en nous notre foi parfois tiède et éclaire notre route à la suite et en compagnie du Christ ressuscité.
Gardons l'espérance et avançons avec confiance sur le chemin qui nous conduit vers la vie, celle que le Seigneur ne cesse de nous promettre. Ainsi, nos lèvres, nos chants et notre voix pourront proclamer comme le psalmiste de ce dimanche : « Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ; il est pour moi le salut. »
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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