Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 21, 33-43.45-46 Entrer dans la relation que le Père ne cesse de nous ouvrir

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 5 Mars 2026, 15:52pm

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète

Dans le Fils, le Père nous redit son amour

Dans le Fils, le Père nous redit son amour

« Puis il loua cette vigne » Au commencement, il y a un geste de confiance. Le maître ne garde pas la vigne pour lui seul. Il la confie à d’autres. Notre Dieu ne crée pas l’être humain pour le tenir sous domination, mais pour entrer dans une relation de responsabilité et de collaboration avec lui. La vigne représente la création, la vie, tout ce que Dieu nous donne. Et cette vie nous est confiée. Ainsi, le Père invite à une relation où chacun est appelé à porter du fruit. L’humanité est appelée à répondre à cette confiance. Mais la parabole montre que ce rapport peut être déformé. Les vignerons s’approprient ce qui leur a été confié et refusent de reconnaître le maître. Ce glissement révèle une tentation constante du cœur humain : vouloir posséder ce qui nous a été donné, au lieu de le recevoir et de le partager.

« Finalement, il leur envoya son fils » La logique humaine aurait pu s’arrêter au refus et à la violence. Après avoir vu ses serviteurs maltraités, le maître aurait pu renoncer, ou répondre par la force. Mais dans la parabole, quelque chose de surprenant se produit. L’envoi du Fils révèle le cœur du Père. Face à l’ingratitude et au refus, il ne se ferme pas ; il se donne davantage. Il envoie celui qui lui est le plus précieux. Dans cette parole se dévoile toute la logique de l’Évangile. Dieu ne répond pas à la violence par la violence, mais par un amour encore plus grand. Là où l’humanité se ferme, Dieu ouvre un chemin nouveau.

« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. » Jésus ouvre une perspective nouvelle. Le rejet du Fils ne sera pas la fin de l’histoire. Ce rejet devient paradoxalement le lieu où Dieu fait surgir quelque chose de nouveau. Sur la croix, l’amour de Dieu se manifestera dans toute sa gratuité : un amour qui ne se retire pas même lorsqu’il est refusé. À partir du rejet même, une nouvelle relation devient possible. Le Fils ouvre un chemin où l’être humain peut découvrir que l’amour de Dieu ne dépend ni de ses réussites ni de ses mérites. Cet amour précède tout, demeure malgré tout.

Laissons-nous déplacer par ce chemin et entrons, à notre tour, dans la réception de cet amour qui nous a créés et qui nous ramène à la vie véritable. C’est là que se trouve la vraie fécondité de notre existence : dans l’accueil de cet amour qui ne cesse de nous chercher et de nous relever.

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite 

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