Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 23, 1-12 « Ne plus se tenir dans le paraître mais dans l’être »

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 22 Août 2025, 22:10pm

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

L’être et le besoin de paraître (merci à l’auteur de la photo, Bechir Houman)

L’être et le besoin de paraître (merci à l’auteur de la photo, Bechir Houman)

Chaque passage d'évangile nous appelle à entrer dans une attitude spirituelle particulière. Ainsi ici, ne pas être dans le paraître mais dans l’être. Cela a de grandes conséquences pour sa manière de vivre. Si je suis dans l’être, si j’accueille ce qui nait en moi, je peux nouer de vraies relations avec les autres, avec le seigneur. Un monde nouveau peut s’engendrer dans la reconnaissance réciproque. Alors que cette parole évangélique qui vient à nous, en ce jour, soit un encouragement pour chacun à oser dire ce qui naît en lui.

 

Ne pas chercher à obtenir un résultat projeté et, de fait, frelaté. Mais se contenter de dire simplement ce qui est selon moi. Laisser tomber le masque, ne pas s’enfermer dans la séduction mais découvrir la franchise. Alors je m’ouvre à l’opportunité de recevoir en retour une parole vraie sur laquelle je puis m’appuyer pour devenir. En moi, la vérité fait doucement son chemin. Et le possible du devenir apparaît. N’ayons pas peur, non plus, de paroles qui font tomber nos illusions, nos mascarades. Ces paroles nous donnent de partir de notre véritable situation, à partir de notre vrai soi.

 

Cette attitude de sincérité, elle peut habiter tous les moments de nos journées nous ouvrir à des prises de conscience croissantes. Ma parole devient de plus en plus simple. Elle me révèle à l’autre. Elle touche l’autre. Elle me sort de mon enfermement sur moi-même. Je dis ce qui est, ce que je perçois, ce que je sens. Nombreux sont les saints qui ont pu entreprendre leur chemin de sainteté à partir de ces prises de conscience libératoires. Tel Ignace qui a reconnu que ses rêves de grandeur ne lui apportaient pas le bonheur qu’il percevait dans le fait de vivre pauvre à la suite du Christ. Un chemin a pu alors s’inventer. Cela a été le cas aussi pour les deux Thérèse : la grande et la petite et même Charles de Foucauld… cela est vrai pour chacun de nous, à tout âge. Lâcher le paraître pour être simplement, pauvrement…

Jean-Luc Fabre compagnon

 

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