Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Lc 12, 35-40 « attendre le Seigneur, orientés vers Lui » évangile du dimanche 10 août 2025

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 9 Août 2025, 05:03am

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Quand le sentiment inquiet d’absence en soi devient attente pleine d’espérance de l’autre (merci à l’auteur de la photo)

Quand le sentiment inquiet d’absence en soi devient attente pleine d’espérance de l’autre (merci à l’auteur de la photo)

La relation que nous entretenons avec le seigneur est appelée à évoluer dans la durée, dans la mesure où elle est une relation vivante. L’évangile, en son entier atteste de la possibilité de cette évolution avec le témoignage de la relation vécue entre Jésus et ses premiers disciples. Nous savons qu’il y a eu, pour eux, tout d’abord l’appel à suivre Jésus, puis un jour, cette question leur a été adressée :« et pour vous qui suis-je », il y a eu ensuite l’annonce de la Passion du maître et la montée à Jérusalem, le temps conflictuel dans la ville sainte avec l’entrée triomphale, la Cène où le don de Jésus sera couplé à l’annonce de l’abandon et de la trahison par les siens. Cette offrande, ainsi posée, se révélera comme la source de la vraie vie en eux de leur être : pécheur pardonné. S‘en suivront les heures de la Passion et enfin il y aura le retour du Ressuscité avec le pardon et l’ouverture à la mission de compassion pour le monde entier. Ce chemin extérieur compte parce qu’il permet une évolution intérieure dans leurs cœurs ainsi que dans le cœur de ceux qui contemplent depuis lors ces scènes.

 

Dans cette grande évolution, la recommandation que déploie Jésus à ce moment de l’évangile et que nous venons d’entendre ou de lire, prend un sens tout particulier quant à l’évolution de la relation entre nous et Jésus : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ». Est pointée une attitude spirituelle qui nous appelle à quitter la manière extérieure du serviteur qui fait les choses sur commande pour entrer dans une attitude intérieure, celle d’une personne concernée par la relation avec l’autre, pour lequel il veille, il sert, il attend. La relation s’intériorise. L’échange, entre eux deux, peut s’approfondir, se personnaliser… la joie y a sa place. Le serviteur évolue, devient dans cette relation ami… Jésus nous y invite.

 

N’ayons pas peur de prendre ce chemin pour pouvoir lui parler « comme un ami parle à son ami ». C’est ce que nous recommande Ignace. Par cette relation, par cette présence du seigneur en nous au service  : « c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir », nous deviendrons vraiment nous-mêmes, avec un cœur transformé vivant avec Lui, ouverts aux autres qui deviennent véritablement nos frères, nos sœurs, ceux que nous aimons. Et pour eux nous faisons comme pour le seigneur du même cœur. Apprenons ainsi à considérer celui pour qui nous œuvrons dans la vie quotidienne. Sachons faire notre travail pour lui, tourné vers lui. Cela se vit à tout instant en tout. Dans les choses les plus simples. Ainsi balayer des feuilles sèches pour son hôte qui va recevoir d’autres personnes et veut les recevoir dans un jardin bien net peut donner de le reconnaître, de lui manifester qu’il compte pour soi, que son plaisir importe. Et, par-là, une relation plus profonde s’établit. Que tout en nos diverses actions soit relation et non prestation. Que tout soit amour et non obligation… l’attente y comprit.

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite 

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