Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Messe 15 août 2022

Publié par Roland Cazalis, compagnon jésuite sur 14 Août 2022, 16:59pm

Catégories : #homelie_cazalis

La fête de l’Assomption nous permet de rappeler au moins trois réalités.
 
La victoire de la vie sur la mort, ou la reconnaisse de la vie comme fondement. Ce fondement n’a pas de contraire, car la vie est une réalité unique.
 
La vie n’a pas de symétrie, même si le péché et la souffrance qu’il entraîne permettent d’attaquer la vie. Il suffit d’analyser le comportement des potentats contemporains. Leur seul pouvoir réside dans la menace qu’il profère de donner la mort.
 
Or, le vrai pouvoir réside dans la capacité de donner la vie.  Mais voilà !...
 
La réalité que nous célébrons nous rappelle que l’on peut attaquer la vie, mais on ne peut pas la détruire.
 
La primauté de la vie est mise en évidence par la Passion et Résurrection du Christ. La puissance de la mort qui donnait et qui donne toujours le pouvoir aux potentats est mise par terre.  
 
La vie transcende le sensible et le visible. Ceux qui croient au Christ savent qu’ils sont des vivants et pas seulement en vie.
 
Si vous êtes seulement en vie, c’est temporaire. Si vous êtes en vie, alors c’est essentiel, donc permanent.
 
Par conséquent, ce que nous appelons la mort n’est pas la fin de la vie.
 
Il s’agit d’un passage à un autre niveau d’existence.
 
Il s’agit de passer à une manière d’exercer son fond avec une puissance supérieure.
 
La puissance de la vie ne peut pas encore donner sa pleine mesure maintenant. Il nous faut passer à un autre stade pour exercer notre puissance en tant que vivant.
 
 
La deuxième réalité que nous rappelons avec cette fête de l’Assomption est l’anticipation de la résurrection des morts accordée à Marie, la Theotokos, comme disent les Grecs.
 
Cette anticipation est célébrée par de nombreux récits de la dormition de Marie, qu’ils soient de tradition grecque, syriaque, arménienne ou copte.
 
Attention, nous ne devons pas confondre l’événement qu’est la Résurrection du Christ avec l’anticipation de la Parousie qu’est l’assomption ou la dormition de Marie, car c’est la Résurrection du Christ qui fonde la dormition de Marie.
 
Néanmoins, cette anticipation de la parousie n’est-elle pas finalement la condition de tous les croyants ? Celle de Marie, n’est-elle pas l’exemplaire même ?
 
En attendant, nous avons le présent, et c’est la troisième réalité que nous rappelons.
 
En matière de présent, nous avons celui des communautés chrétiennes de la fin du premier siècle qui voit l’apogée de l’Empire romain. Il assure la paix et la prospérité économique, en partie, par le labeur de la population servile.
 
À Rome, Domitien est l’empereur (81-96) et suscite le culte impérial. Il s’est élevé au rang divin. C’est une constante dans l’exercice du pouvoir à toutes les époques de l’histoire, même si le souverain arbore des noms différents.
 
J’ai vu dernièrement un reportage sur la Corée du Nord et l’impact de celui que la population appelle « notre grand maréchal », Kim Jong-Un.
 
Les deux seules personnes à avoir reçu ce titre de grand maréchal avant Kim Jong-Un sont son grand-père, Kim Il-Sung, fondateur de la Corée du Nord qu'il a dirigée jusqu'à sa mort en 1994, et son père Kim Jong-Il, dirigeant de 1994 à 2011.
 
Dans le regard du Nord-Coréen, il a évidemment un statut divin, comme cela s’est produit ailleurs.
 
Dans ces circonstances, il y a toujours un symptôme qui empêche de qualifier cette réalité de romanesque ou de comique.
 
Ce symptôme est la discordance de la formation d’une caste, celle des scientifiques, vivant à Pyongyang dans une citée cossue et la situation des paysans, à quelques kilomètres de là.
 
Ils fournissent l’alimentation à cette caste, et ils moissonnent encore à la main à l’heure de la technologie de la bombe nucléaire et de l’Intranet pour Nord- coréens.
 
Le culte impérial au profit de Domitien a divisé les chrétiens.
 
Il y a ceux qui ont opposé un refus catégorique pouvant les conduire au martyre et ceux qui acceptent de participer aux fêtes officielles.
 
Voilà le contexte de la lettre de Jean de Patmos qui exhorte aux communautés dispersées à la résistance spirituelle, dans le style littéraire des apocalypses de l’époque.
 
Nous avons donc un message qui a une portée ecclésiale ou communautaire.
 
La forme est la personnification de l’Église.
 
Merci à l'auteur de cette image
Jean exhorte les fidèles à la persévérance, car ils participent aux souffrances de l’enfantement d’un nouveau monde, assailli par le dragon impérial.
 
Aujourd’hui, nous sommes revenus à l’heure des dragons. Nous croyions une telle époque définitivement révolue pour une simple question d’intelligence ou de bon sens. Il n’en est rien.
 
Le symptôme est encore la discordance du motif impératif inventé par leur ego, un ego qui menace la sécurité du monde et les problèmes réels que l’humanité doit affronter et cela de manière solidaire, ne semble pas les affecter.
 
En ce jour de l’Assomption, prions le Seigneur, nous qui sommes des croyants, pour que nous soyons des zones de paix, des zones d’espérance dans le monde à l’heure du retour des dragons et des fléaux dans notre monde.
 
Roland Cazalis, compagnon jésuite

Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Ps 44, (45), 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16 ; 1 Co 15, 20-27a ; Lc 1, 39-56

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