Aussitôt après avoir nourri les cinq mille hommes, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule. Quand il les eut congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier. Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre. Voyant qu’ils peinaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser. En le voyant marcher sur la mer, les disciples pensèrent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris. Tous, en effet, l’avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus parla avec eux et leur dit : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! » Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient au comble de la stupeur, car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.
Je ne sais le sens de la semaine qui va de l’épiphanie au baptême du seigneur. Mais l’évangile de ce jour dessine l’itinéraire spirituel de l’homme avec son Dieu, itinéraire porté par le Fils.
« À le précéder sur l’autre rive » Au début le Fils encourage les hommes à mettre en œuvre leur capacité royale d’initiative pour vivre un cheminement humanisant : prendre le risque d’aller sur l’autre rive. Un chemin véritablement porteur de vie parce qu’ils le précédent sur un chemin que lui-même va emprunter.
« Il s’en alla sur la montagne pour prier » Pendant ce chemin parcouru par les disciples à leur propre initiative lui Jésus va approfondir sa dimension sacerdotale en allant prier le Père sur la montagne. Il revient à eux plein de résolution, comme un roi, mais un roi laissant être sa dimension sacerdotale qui lui permet dans l’action de grâce, de vivre de faire en lien avec le Père et non fermé sur lui-même.
« Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba » Ils n’arrivent plus à vivre, à entreprendre, un désaccord s’installe entre eux et le reste de la création. Jésus les rejoint. Il est maintenant avec eux dans le partage totale de leurs existences, dès lors la tension avec la création s’estompe, le vent tombe. Les disciples reçoivent de vivre en plénitude.
A travers cette scène nous pouvons nous représenter l’enjeu de la Vie en plénitude et comment nous pouvons y accéder : recevoir Jésus qui nous enseigne la Vie.
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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