En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.
Jean a une expression qui lui est propre. L’Enfant-Dieu de Noël vient-il nous embêter ? Non, veut-il nous montrer. « Les commandements » qu’il nous donne, nous pourrions les voir comme un fardeau en plus. C’est vrai qu’il y aura des persécutions, des épreuves, liées à ce cadeau qu’il nous offre. Mais ce n’est pas un fardeau, c’est recevoir de naître de Dieu. Et « quiconque naît de Dieu est vainqueur du monde ». Le fardeau, c’est apparemment « ce monde » que nous éprouvons et traversons. Quel est ce monde-là ? Il semble que ce soit tout ce qui nous empêche de naître de Dieu, naître à notre Créateur, notre Source, notre Vie. Le mot final trouvé surprend : « or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi ». J’ai buté là-dessus. Croire, devenir disciple, c’est choisir de naître.
La foule de Nazareth semble l’avoir choisie. Mais nous n’avons que le début de l’histoire. Nous savons que la suite va être mouvementée. Est-ce que nous croyons en un Dieu gourou, un Christ vedette dont nous sommes fiers ? Depuis son baptême au Jourdain et jusqu’à la fin sur une croix, Jésus va connaître le combat qu’il a connu au désert : être Fils de Dieu et être Fils de l’Homme, vrai Dieu et vrai Homme. Tenir les deux, jusqu’au bout. Le « monde » est ce qui met la pagaille pour supprimer l’un ou l’autre. « Non, tu ne vas pas souffrir, tu ne seras pas tué », là je supprime le Fils de Dieu. « Montre nous des signes, de quoi manger toujours, être bien, toujours » ; là je supprime le Fils de l’Homme. L’esprit du monde de St Jean est tout ce qui refuse l’esprit du Dieu tout-autre et qui obstrue l’accès à notre vocation humaine. Enfant de Noël, apprends-nous à naître, patiemment, dans la foi, dans le fatras de notre terre et de nos vies.
Olivier de Framond compagnon jésuite
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