Cette question traverse le temps et l'histoire, pourtant malgré les comportements criminels de membres de l'Église, la foi demeure. Des femmes et des hommes continuent d'engager leur vie à la suite de ce nouveau-né qui naît dans une mangeoire et meurt sur une croix. C'est peut-être alors que notre sens commun n'est pas le sens de Dieu. Nos manières de percevoir, d'agir, d'aimer sont peut-être trop habitées d'une sorte de commerce alors que celle de Dieu n'est que gratuité. C'est sans doute une différence majeure entre Lui et nous. Pourtant, elle est le cœur de la foi.
Dieu n'exige fondamentalement rien de nous si ce n'est – peut-être – ce qu'il nous dit par le prophète Michée : « Pratiquer la justice, aimer la bonté et marcher humblement avec Lui » (Mi 6, 8). Peut-être que si nous prenons le temps de mettre en pratique ces conseils de Dieu nous nous rapprocherons davantage de Lui. Ainsi, nous laisserons la lumière de Dieu, celle-là même qui « resplendit du pays de l'ombre » dont nous parle Ésaïe dans la première lecture, éclairer notre cœur et notre vie.
Accueillir la lumière de Noël
Nous avons urgemment besoin de la lumière de Dieu pour éclairer notre vie et celle du monde. Nous découvrirons cette lumière qui illuminera et réchauffera nos vies en prenant le temps de nous laisser émerveiller par le don que Dieu nous fait ce soir. Il vient ce soir nous conduire vers la vraie joie. Elle seule peut pacifier notre cœur, apaiser les blessures et rendre ce monde beau, bien et bon. Mais, encore faut-il être disponible intérieurement pour accueillir Dieu.
C'est peut-être pour contrer notre tendance à l'indisponibilité que Dieu choisit de faire sa demeure parmi nous. Il veut tellement nous aimer qu'il choisit de se faire l'un de nous, d'épouser notre humanité pour que nous épousions sa divinité. C'est cela Noël avant d'être une fête de famille et la cérémonie des cadeaux. Il est important de prendre le temps de nous laisser rejoindre par le sens profond de cette fête.
N'en restons pas à la crèche, aux santons, aussi beaux soient ces représentations. Mais, laissons-nous conduire par l'Ange auprès du Sauveur comme le firent les Bergers. Nous découvrirons la force de la fragilité, l'audace de la confiance de Marie et de Joseph qui nous entraînent dans la certitude que rien n'est impossible à Dieu. Nous comprendrons que le Salut, le fol Amour de Dieu, n'est pas dans l'épate mais dans le souffle de Dieu qui nous met en route. C'est Lui qui nous pousse à prendre la route de l'espérance, à ne pas nous résigner et nous décourager quand la vie nous pèse.
Oui, Dieu est à l'œuvre en cet âge et cet enfant couché dans une mangeoire nous dit bien que la force de Dieu est sa fragilité. Alors, entrons avec joie dans ce temps de Noël qui s'ouvre ce soir. Oui, un enfant nous est né, un Fils nous est donné. À sa suite, nous sommes appelés à transformer le monde grâce à la délicatesse, à la simplicité, à la chaleur que Dieu nous offre en nous confiant son Fils. Puisse ce Noël nous confirmer dans notre mission de baptisés et nous conduire à aimer davantage le Seigneur et le monde qu'il aime.
Saint et Joyeux Noël à chacun et Paix aux hommes que Dieu ne cesse d'aimer.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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