Ce dimanche est celui de la joie. L'un des deux jours de l'année où les ornements liturgiques sont roses. Ce dimanche du Gaudete nous prépare à entrer plus amplement dans la joie de Noël. La promesse que nous fait le livre d'Isaïe nous donne comme un aperçu de cette joie. Mais, nous en sommes encore loin. Non pas en termes de date, mais de capacité d'accueil. Notre désir de nous laisser rejoindre par Dieu est sans doute là, mais le chemin qui nous reste à parcourir est encore long. Mais, c'est en fait peut-être le chemin qui est plus important que la destination.
La joie et la passion de Jean-Baptiste
Sur ce chemin nous pouvons nous laisser interroger par la radicalité à laquelle nous sommes invités par Jésus. C'est encore la figure de Jean-Baptiste qui occupe l'Évangile de ce dimanche du Gaudete. Une figure qui par sa radicalité, questionne les disciples de Jésus. Ils semblent attirés par tout ce qui brille, tout ce qui est flamboyant, impressionnant. Pourtant, Jean-Baptiste était au désert, se nourrissait de peu et était vêtu de peu. Mais, il était animé du feu de Dieu, de la passion de conduire ses contemporains vers un chemin de radicalité. C'est-à-dire d'aller ou de revenir à ce qui importe pour nous, à la racine de notre foi : le Christ tel que les Évangiles nous le présentent. Un Christ marchant avec ses contemporains, désireux de les rencontrer, de leur annoncer le salut et – éventuellement – de les guérir.
Certes, dans l'Évangile de ce jour, Jésus renvoie à ses œuvres. Elles semblent être la preuve tangible de ce qu'il est : guérir les malades et ressusciter les morts. Mais cela suffit-il à justifier qu'il est le Fils de Dieu ? Nous ne savons pas la réponse de Jean-Baptiste mais nous pouvons nous laisser interpeller par cette question. En fait, qui est Jésus pour nous ? Est-il une bouée de secours à laquelle nous nous raccrochons lorsque le bateau tangue et que nous sommes perdus en pleine mer ? Ou bien est-il ce compagnon de tous les jours, l'Ami proche avec lequel nous sommes en confiance ? Il n'y a pas forcément de bonnes ou de mauvaises réponses mais il est important de garder cette question au cœur. Elle oriente notre foi, façonne et féconde notre expérience de Dieu.
À Noël, Dieu vient planter sa tente parmi nous, il vient à notre rencontre pour nous conduire vers la plénitude de la foi. Ainsi, c'est bien un chemin que nous propose le Seigneur. Un compagnonnage avec Lui pour trouver ensemble des occasions de joie. Cette joie n'est pas de l'ordre du sentiment mais plus d'une conviction. Nous ne voyons jamais rire Jésus dans les Évangiles, mais ils véhiculent le fait qu'il rendait ses contemporains heureux.
« Il passait en faisant le bien » nous disent les Actes des Apôtres (Ac 10, 38-39) et, nous le savons, le bien rend heureux. Ce bien que Jésus fait et continue, ce n'est pas forcément un miracle au sens où nous pouvons l'entendre habituellement. Il vient d'abord faire en nous toutes choses nouvelles. C'est ce que nous pouvons découvrir tout au long de cet Avent en cherchant la manière dont nous pouvons avancer sur un chemin de conversion. Elle n'est pas la recherche d'une performance mais de comprendre comment, au nom de Jésus, nous pouvons faire le bien autour de nous. Il ne s'agit pas de vouloir faire le bien pour faire plaisir à Dieu – comme si nous voulions le faire fléchir. Non, c'est parce que la vie de Jésus coule en nous, que notre désir d'apporter au monde la joie de Dieu nous conduit à souhaiter que le monde vive de sa vie. C'est la manière dont nous nous laissons interpeller par le message et la personnalité de Jésus qui pourra nous faire cheminer vers la joie de la conversion. Ainsi, nous pourrons contribuer à transformer le monde par et grâce à sa vie.
Pierre-Baptiste Cordier-Simonneau
membre de la société de vie évangélique du Cœur de Jésus
/image%2F0931903%2F20251213%2Fob_ae812b_main.jpg)
