Ce 33e dimanche du Temps Ordinaire est le dernier dimanche du temps ordinaire. Nous sommes invités à la persévérance. Dimanche prochain nous clôturerons notre année liturgique par la solennité du Christ-Roi. Cette fin de l'année liturgique nous offre des lectures peu réjouissantes. L'Évangile nous parle de guerres, de désordre, de tremblements de terre et autres calamités. Ces désastres semblent tout de même s'abattre sur nous depuis quelques centaines, voire milliers d'années.
De la persévérance dans la patience ?
Ces descriptions apocalyptiques entendues par les premiers disciples pouvaient être comme une invitation à la patience. Encore un peu de temps et tout ira bien. Malheureusement, 2000 ans après nous n'en avons pas terminé avec ces guerres. La Paix a vraiment du mal à s'instaurer dans le cœur des femmes et des hommes.
Comment alors ne pas penser à cette phrase du prophète Jérémie : « Le cœur est plus que toute chose plein de détours, et il est malade : qui pourrait le connaître ? » Voilà le problème de fond, les méandres de notre cœur qui complexifient tout désir d'entendre et d'écouter le Seigneur susurrer à notre oreille. Donc, sommes-nous cantonnés à toujours désespérer de nous, de cette incapacité à nous convertir une bonne fois pour toutes ? Ou bien, entendons-nous au creux de notre cœur l'invitation du Seigneur à espérer contre toute espérance ?
Invités à la persévérance
La finale de l'Évangile de ce 33e dimanche du Temps Ordinaire nous place plutôt dans ce dynamisme. Jésus nous dit à sa toute fin : « C'est par votre persévérance que vous garderez votre vie ». Ainsi, le Seigneur se fait notre enseignant, il nous tourne vers le but à atteindre et nous demande de nous armer de patience, d'endurance.
C'est vraiment une invitation à dompter notre impatience, à maîtriser notre désir d'immédiateté. Nous avons tendance à vouloir tout et tout de suite. Pourtant, il faut du temps pour faire un chef-d'œuvre, pour que s'accomplissent les promesses de vie en abondance que le Seigneur nous fait. La précipitation n'est jamais bonne conseillère lorsque l'avenir est en jeu.
Même si le quotidien nous amène à être dans la constante prise de décision, il nous faut savoir peser l'urgent de l'important, l'utile de l'inutile, l'essentiel du superficiel. C'est en prenant le temps du discernement que nous pourrons construire le Royaume en ce monde et en ce temps. Discerner ce qui fait sens, ce qui peut amener à construire et faire grandir. Les maux décrits dans l'Évangile de ce dernier dimanche du temps ordinaire sont issus de la volonté de l'homme de tout posséder, de tout maîtriser. Nous cherchons toujours à assouvir un insatiable désir de pouvoir, une course contre la mort pour nous assurer que nous sommes bien en vie. Mais, au final, la vie qui nous est promise par le Seigneur n'est pas une victoire sur le temps mais sur nous-mêmes.
Pierre-Baptiste Cordier-Simonneau
membre de la société de vie évangélique du Cœur de Jésus
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