En ce temps-là, on venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. » L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Plus nous bouderons Dieu, plus la Terre le réclamera ! Aujourd’hui le Christ-Roi vient nous le crier – ou murmurer, je ne sais –. L’évangile nous montre une « ressemblance de Dieu » voilée, devant Celui qu’elle ignore et méprise, vrai Dieu et Homme véritable. Le « Roi des Juifs » qui s’offre à nous n’a rien d’un roi humain. Il vient nous ouvrir le chemin du « royaume des cieux » sur notre terre. Le peuple, les chefs religieux, les soldats, et même un des larrons, voici « la ressemblance » voilée. Il en est un en qui elle se dévoile : le « bon » larron. Créé à la ressemblance de Dieu, homme et femme, il naît enfin, au crépuscule sombre de sa vie : « aujourd’hui tu seras avec moi en paradis ». Le Paradis, c’est sans doute ce que Jésus appelle le « royaume des cieux ».
A la Passion nous contemplons une « ressemblance cachée », voilée par le péché. Elle montre le règne de nos logiques trop « humaines » de toute-puissance, de peurs, d’absence de scrupules, de violences. L’Esprit de Dieu se tait. Il consent seulement. Il n’entre pas dans le jeu de ce « royaume humain ». « Si tu es Roi, le Messie, sauve-toi toi-même ». Silence. … Le Christ est « roi » au sens où il nous ouvre le royaume de Dieu dans notre monde réel. Les « tout-petits » le recevront, à la suite de Celui qui s’est fait Tout-Petit, fidèle au Père et à toute la condition humaine, jusqu’au bout. Ainsi dira-t-il à ses amis qu’il ne nous retire pas du Mauvais ; il nous en garde. Entrer dans le royaume des cieux, ou devenir « la ressemblance de Dieu », ne m’appartient pas. Je la reçois en consentant au monde, du Créateur.
Ce que nous fêtons aujourd’hui c’est le Christ qui nous ouvre la sortie de nous-mêmes : sortie de nos suffisances, de nos aveuglements, de nos logiques « trop humaines ». Lui seul nous délivre de nos quêtes de faux dieux qui dérèglent nos énergies et manières d’agir. Il nous rouvre « la Ressemblance » ! La foi au Ressuscité accueille la quête de Dieu quand l’humain se cache. « Où es-tu donc ? », demandait-il à Adam et Eve après la faute. Christ ressuscité, sois notre Paix.
Olivier de Framond compagnon jésuite
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