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Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Nuit de la Nativité 2019

Publié par Roland Cazalis, compagnon jésuite sur 24 Décembre 2019, 13:34pm

Catégories : #homelie_cazalis

Le temps de l’avent, qui a précédé cette fête de la Nativité, était un temps pour nous reconnecter avec l’espérance qui est au fond de chacun de nous.
 
Telle une rivière souterraine, cette espérance coule en direction de la vie et nous sentons ses vibrations quand nous prêtons attention.
 
De fait, chacun devient en réalité un sourcier, et la baguette ou le pendule, c’est nous-mêmes, c’est notre propre corps, c’est notre propre existence.
 
En réalité, cette rivière souterraine coule au fond de l’humanité comme espèce, et nous la percevons également.
 
Chaque fois que des voix s’élèvent pour exprimer leur désir d’avenir ; en la figure d’un monde plus authentiquement humain, et où l’humanité serait en paix avec les autres créatures, qu’elles soient vivantes ou inertes, alors nous percevons que ces voix sont aussi les nôtres.
 
C’est le même désir d’avenir qui nous traverse, c’est la même espérance qui vibre en nous.
 
Vient alors la Nativité. Elle se caractérise par sa joie particulière, à savoir, une sorte de lumière dans le cœur. C’est à cela qu’on la reconnaît.
 
Chaque année, le miracle se produit. La Nativité n’a pas de frontière. C’est une grâce qui est faite à toute l’humanité, et chacun la reçoit (ou s’entrouvre à un quantum) selon les capacités de son cœur.
 
La Nativité ne peut être qu’une fête, car cette joie particulière, cette lumière dans le cœur, nous émeut et nous met en mouvement. Elle nous pousse à aller vers les autres, vers les proches, mais pas seulement.
 
Elle nous emmène à nous réjouir ensemble, à célébrer ensemble.
 
Elle suscite même la trêve, la suspension de guerres, sauf peut-être l’inimitié de celles et ceux qui ont décidé de contrer cette joie.
 
Sauf peut-être l’hostilité de celles et ceux qui ont mal à cette joie.
 
Mais ceux qui se fient à la vibration souterraine en eux, alors la lumière qui est donnée à l’humanité en cette occasion dépasse de loin tout ce qu’ils peuvent célébrer.
 
Cette lumière a quelque chose d’inépuisable, sans pourtant nous submerger..
 
Elle est douce et forte à la fois. Nous sentons pertinemment que ce signe ne vient pas de notre création ou de notre fabrique.
 
Voilà pourquoi, il est important de savoir ce que nous célébrons pour que nous soyons en phase, en accord avec ce qui nous fait célébrer, pour profiter de ce qui nous est donné.
 
Nous avons précisément cette eucharistie. L’eucharistie devient comme le sacrement contre l’oubli, l’oubli de qui nous sommes.
 
Oubli qui nous amène à devenir ce que nous faisons ou à nous contenter d’être ce que nous faisons.
 
Il faut bien comprendre que, s’agissant de la Nativité, ce n’est pas la fête qui nous rend joyeux, mais la joie qui nous est donnée qui nous pousse à fêter, à nous réjouir ensemble, à installer des luminaires, à illuminer les nuits, à offrir des cadeaux.
 
Bref, à donner libre-cours à cette sainte folie qui nous accapare.
 
Quelle que soit votre situation du moment, laissez cette lumière faire son œuvre en vous, car elle travaille à étancher votre soif, elle travaille à votre guérison ; elle travaille à votre accomplissement.
 
C’est cette joie qui est digne de l’humanité.  Elle nous fait communier à la joie d’Élisabeth, à celle de Marie, à celle du Ressuscité, à celle des pèlerins d’Emmaüs. C’est une joie qui vient de loin.
 
Et quand cette rivière souterraine qui coule au fond de nous fera surface, alors elle paraitra comme un fleuve lumineux.
 
Voilà la promesse de la Nativité et dont la joie n‘est que les prémices.
Roland Cazalis, compagnon jésuite
 
 
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