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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie.

Publié par Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite sur 13 Janvier 2020, 17:34pm

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3,13-17.
Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »
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Ce passage met en scène le commencement de la vie publique  de Jésus. Il est riche d’enseignement pour la réalité profonde humaine et spirituelle de l’engagement, trois points peuvent nous retenir 1) l’essence de l’homme est de surgir, 2) dans ce surgissement, il manifeste sa solidarité intrinsèque avec les autres, 3) ce surgissement produit la joie chez les autres. Ce qui est vrai pour Jésus l’est aussi pour tout homme, toute femme. Voilà comment cela se déploie dans le récit.

Alors paraît Jésus. Nous avons quitté dimanche dernier Jésus bébé adoré par les mages, il était comme un objet livré. Mais l’homme adulte est vraiment lui-même, dans sa dignité, lorsqu’il surgit. C’est la réponse récurrente des prophètes « me voici ». L’homme est un sujet, et même davantage un auteur, il se manifeste, il s’exprime. Cela fait partie de ce qui le caractérise. Il ne peut pas être lui-même si cette expression lui est refusée. Nous ne pouvons pas être nous-mêmes si nous ne donnons pas une parole pour exprimer ce que nous faisons, ce que nous exprimons de nous-même. C’est la réalité de la Cène aussi où Jésus exprime le sens de toute sa vie, « il les aima jusqu’au bout », il se donne, il récapitule ce don, il l’exprime par ce geste... 

« Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice ».  Mais ce geste où l’homme se manifeste ne peut être posé sans vis-à-vis, sans témoins. La Cène n’aurait aucun sens si le Christ était tout seul. Aucune expression de soi ne peut se faire sans témoin. Et cette expression exprime toujours une solidarité profonde avec le reste de l’humanité. C’est bien ainsi que nous pouvons comprendre le dialogue entre Jésus et Jean Baptiste accomplissant toute justice. Ce geste commun de justice est un geste de solidarité. Cette solidarité avec les hommes, Jésus la manifeste en recevant le baptême des autres hommes, de ceux qui sont pécheurs, vaincus par le mal. Il s’exprime comme étant l’un d’eux. Cette relation de solidarité est absolue pour lui, Jésus ne conçoit pas sa vie sans les autres, il ne vit pas sur lui seul. A la Croix, la moquerie ultime sera : « qu’il se sauve lui-même ». Mais pour Jésus le salut n’a aucun sens seul. Il le manifeste dès l’orée de sa mission dans ce geste de solidarité avec les autres, il accomplit ainsi toute justice. L’engagement, et toute parole du même ordre, au-delà des considérations juridiques aussi bien canoniques que civiles, est d’abord et avant tout une parole de solidarité avec les autres.

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. » La troisième caractéristique enfin, c’est que cette parole qui exprime la personne, qui manifeste sa solidarité avec les autres est une parole qui produit chez l’autre de la joie. Le Fils réjouit le cœur de son père par l’acte qu’il pose. Et le père le dit simplement du fond de lui-même. Oui une personne qui s’engage conforte l’humanité et donne joie aux autres. Signe que nos vies sont bien plus tissées entre elles que nous ne le pensons.

 

Jésus nous ouvre le salut en vivant pleinement sa vie d’homme. A le suivre, nous recevons la grâce de devenir plus humains.

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite

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