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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 20, 1-16 Le Royaume des Cieux, pour tous !

Publié par Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite sur 19 Septembre 2020, 20:19pm

Catégories : #evangiles_piste_reflexion

Mt 20, 1-16 En ce temps-là, Jésus disait cette parabole à ses disciples : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.’ Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?’ Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’ Il leur dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi.’ Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.’ Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : ‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’ Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?’ C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

« Parce que personne ne nous a embauchés ». Laissons retentir le cri de ces personnes qui restent là sur le carreau, ils sont disponibles, désireux, capables et ils sont en train de passer à côté de leur vie, à côté du royaume. Ils sont cette foule d’hommes et de femmes perdus, tous les pèlerins d’Emmaüs de tous les temps qui errent sans but et sans raison. Et ces hommes, ces femmes, reconnaissons-le, ils sont souvent et simplement nous-mêmes. L’embauche dans la parabole, c’est l’appel adressé par le Seigneur puis son envoi vers le royaume des Cieux, vers une réalité qui advient et à laquelle je contribue, et qui me fait devenir, une réalité qui m’apporte la joie, même dans les épreuves et les difficultés, parce que je sens qu’il y a un sens, que la vie qui coule en moi, ne coule pas sans raison…

Alors peut-être que nous pouvons, chacun de nous, nous poser la question en ce relatif début d’année, aussi bien les membres de la paroisse de Saint Martin, que les membres de la Communauté de Vie Chrétienne des Hauts de Seine Sud : en quoi puis-je percevoir les appels du Seigneur, lui qui, à chaque heure, sort de chez lui pour envoyer à sa Vigne, le lieu de sa tendresse, le lieu de sa réjouissance… ce lieu que je ne puis, que nous ne pouvons pas habiter vraiment si nous n’y allons pas dans une réponse que nous formulons. Alors oui, qu’elle est donc ma vocation, à quoi suis-je appelé par le Seigneur ? Lui qui appelle chacun et tous, qui crée chacun pour l’appeler à venir à Lui librement comme son enfant… Et pour cela, faut-il tout d’abord élargir grandement notre compréhension du mot « vocation ».

Mais pour commencer, permettez-moi de vous raconter cette histoire bien connue de ce village menacé par la crue du fleuve. Les habitants fuient leurs maisons, s’échappent en barques, en prenant ce qu’ils ont de plus précieux… Le curé du village, toutefois, décide quant à lui, de rester sur place, sauf si Dieu lui fait un signe, un signe qu’il demande. Tout le monde s’en va… et les pompiers du village reviennent quelques heures après vers le curé, lorsqu’il est en haut du clocher parce que l’eau ne cesse de monter. Et le curé les renvoie, en disant : « Dieu me sauvera, j’attends son signe »… ils tenteront encore une fois la démarche et lui répondra « Allez-vous en j’attends un signe du Seigneur »… Jusqu’à ce qu’il se retrouve au paradis. Là, il demandera au Seigneur : « Mais pourquoi ne m’as-tu pas fait de signe » et le Seigneur lui répondra « Mais je t’ai envoyé deux fois tes frères les pompiers pour t’appeler »…

Voilà tout est dit. Pour la vocation, il est bon d’ouvrir le compas de notre esprit largement et savoir que l’appel peut venir par bien des voies différentes… Pour cela nous pouvons considérer trois mots : vocation, provocation, convocation… Oui le Seigneur me parle dans mes désirs profonds, dans ce qui travaille en moi, ce qui surgit comme désir, à partir de mes capacités, de mes rêves. Ca, c’est la vocation. Mais le Seigneur peut aussi m’appeler à travers le choc des situations. Là c’est la provocation. Et peut aussi m’appeler par les appels qui viennent de mes groupes d’appartenance. Cela s’appelle la convocation. Le Seigneur est le maître de tout et il peut rejoindre chacune de ses créatures directement par l’intimité de celle-ci ou par la situation ou par le groupe d’appartenance. Par exemple, il y a à Marie qui reçoit la parole directe de l’ange du Seigneur chez elle en son cœur, c’est la vocation. Il y a aussi François d’Assise qui ne voit pas comment ne pas reconstruire la chapelle détruite, cela le provoque, il y a le Pape François qui se fait élire par ses pair cardinaux lors du conclave, cela le convoque.

A chaque fois, s’ouvre un chemin qui peu à peu fait revisiter les autres pôles : pas de vocation véritable sans provocation ou sans convocation et de même des deux autres. La vocation est toujours un chemin qui répond au fond de mon cœur, aide dans la situation et donne à mon groupe d’appartenance à avancer. Ce chemin dure la vie entière.

Aussi peut-être chacun de nous, nous avons à prendre le temps, en ce début d’année, de considérer tout ce qui s’adresse à nous, dans la situation, les gens que je croise, les questions qui m’interpellent, les difficultés que je traverse… dans nos groupes d’appartenance : mon couple, ma famille, mon réseau d’amis, mon équipe de travail, ma paroisse, ma Communauté régionale… et aussi dans mes qualités, mes aspirations qui me poussent à me réaliser. Le Seigneur nous appelle tous et chacun, il ne cesse de le faire, tendons largement l’oreille… et sachons lui répondre, à travers notre réponse, nous aidons les autres profondément, nous aidons la venue du Royaume.

Jean-Luc Fabre, compagnie jésuite

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