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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Epiphanie 2018

Publié par Père Roland Cazalis sur 7 Janvier 2018, 05:00am

Catégories : #homélie_cazalis

Le temps de la Nativité est par définition une période de fête, voire même de joie. Il ne faut pas confondre les deux.
La joie de Noël ce n’est pas seulement celle de la fête, mais une lumière dans le cœur, quelque chose qui fait du bien à l’âme. C’est sa trace !
C’est la constante qui se note chez ceux qui sont associés à la Nativité : les parents du nouveau-né, les bergers, les mages, le vieillard Syméon, la prophétesse Anne et les autres.
Tous ces gens, sauf Hérode et le tout Jérusalem !
Pour ces gens, cette annonce est une très mauvaise nouvelle ! Leur cœur s’épouvante et leur esprit s’obscurcit !
Comment l’annonce de la lumière peut-elle être vécue comme une mauvaise nouvelle ?

Dans le passé, comme dans les temps présents, donc à chaque époque, les hommes sont capables de connaître le projet de Dieu les concernant, car Dieu s’adresse aux hommes selon leur psychologie, c.-à-d. selon les déterminations de la culture du moment.
En ce sens, on nous parle de songes, de vision, de parole des prophètes, soit toute forme d’information qui nous vient de l’intériorité, telle une intuition forte qui nous révèle quelque chose qui nous concerne et que nous ne pouvons pas nier sans nous renier.
Ici, on nous dit que des étrangers à la nation d’Israël, suivent une étoile, pour parvenir au lieu de l’événement, c.-à-d. qu’ils avancent suivant leur manière de lire et de comprendre le signe de leur temps, et parviennent là où le nouveau-né se trouve.
Qu’est-ce à dire ?
Le projet de Dieu était connu de quelques personnes, des témoins, en dehors d’Israël.
Nulle part dans l’Ancien Testament, il n’est dit que le projet était connu hors d’Israël, ou de gens qui n’avaient jamais été en contact avec le peuple d’Israël ! Et pourtant, c’est le cas !
Alors, que faut-il comprendre ?
Ce qu’il faut comprendre est écrit noir sur blanc par l’apôtre Paul dans la deuxième lecture : il dit :
« Ce mystère,
c’est que toutes les nations sont associées au même héritage,
au même corps,
au partage de la même promesse,
dans le Christ Jésus,
par l’annonce de l’Évangile
»
Paul est l’un des hommes emblématiques à comprendre cela, mais cette universalité est déjà annoncée par la venue des mages.
La parole de Dieu et le projet de Dieu ne se limitent pas à Israël, et il serait intéressant de savoir, ce que les nations savent de Dieu, un savoir compatible avec ce que nous savons de la révélation pour pouvoir l’évaluer.
Mais quoi qu’il en soit, ce qu’une nation reçoit comme révélation doit être confirmé par une autre nation.
Il y a toujours un rapport entre les nations au sujet de la vérité.

Ainsi, les mages viennent voir et se réjouir d’un des leurs, ils viennent constater la réalisation de la parole qui leur fut révélée ! Ils ne viennent pas mettre Israël sur un piédestal !
Leur venue s’inscrit dans ce fameux rapport entre Israël et les nations, et sur ce point, il semble malheureusement, que rien n’ai changé ! Il y a toujours quelqu’un à rester sur le pavé.

Ainsi, après coup, on se dit qu’il était normal, que ceux qui, hors Israël, étaient au courant de l’événement, viennent s’associer à ce qui leur avait été révélé, et par la même occasion, confirment la portée de l’événement aux parents, aux bergers, à Hérode lui-même et au Tout-Jérusalem, ainsi qu’aux septiques.
À leur manière, ce sont des messagers, comme le sont les prophètes.
Leur long voyage et leur présence parlent pour eux, et à ceux qui veulent bien voir et comprendre.
Bien entendu, ces messagers sont en phase avec l’histoire. Il est dit d’eux « qu’ils se réjouissent d’une grande joie ».
Leur joie contraste avec la peur d’Hérode et de ses semblables au point de manigancer un mauvais coup dans l’ombre.
Voilà pourquoi la fête de l’Épiphanie est si complémentaire à celle de la Nativité, au sens où l’humanité, à travers ses témoins qui viennent, on ne sait d’où, se réjouit de la réalisation de la promesse de Dieu, même si, sur place, cette promesse est confrontée à l’adversité des notables.

Si le cœur d’Hérode s’épouvante et son esprit s’obscurcit  à l’annonce des mages, quant à nous,  nous ne devons jamais cesser de désirer la lumière, surtout la lumière de la Nativité qui est la paix, une paix qui nous soutient de l’intérieur, une paix qui contribue à nous guérir de l’intérieur.
C’est de cette lumière que nous avons besoin maintenant et durant toute cette année qui commence.
Oui, demandons cette grâce pour chacun d’entre nous.
Amen.

Père Roland Cazalis

Merci aux auteurs de ces photos
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