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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Eloge à mon frère

Publié par Jardinier de Dieu sur 5 Janvier 2018, 15:02pm

Catégories : #Notes de vécu

Handicapé moteur, Marcel a subi plus de 10 interventions chirurgicales durant sa jeunesse, il a dû faire ses études à l’hôpital, ce handicapé a réussi le concours pour devenir fonctionnaire publique. Financièrement, il a eu tout ce qu’il lui fallait. Mais l’amour ? Une soif a traversé sa vie comme pour chaque homme. Il a été baptisé à l’âge de 40 ans. Seul enfant de ses parents à être resté sur Toulouse, il a pris soin d’eux âgés. Merci de prier pour lui et pour ses frères, ses sœurs.
Une de ses sœurs évoque son existence, la dette qu’ils ont tous envers leur frère.
Que ce défunt soit dans la joie, face à face de Dieu !
Que Dieu se révèle au fur à mesure dans le cœur, dans la vie de ses frères, de ses sœurs,  et qu’ils soient en paix devant le départ de leur frère handicapé !

Le Jardinier de Dieu.

Tu es né avec un handicap.

Malgré ce handicap, tu t’es battu toute ta vie pour avoir ta place dans la société.

Tu voulais vivre comme nous tous, aimer, s’amuser, rire, voyager.

Je me souviens comme tu étais heureux de pouvoir conduire ta voiture sur toutes les routes de France avec notre mère, et puis avec tes neveux et nièces.

Je t’ai connu gai, facétieux, bon vivant et j’espère bien que tu vas trouver au paradis quelques anges aussi joyeux.

Par tes actes, tu as montré que tu es bien meilleur que nous tous. Nous, tes frères et sœurs, nous avons fait des études et nous sommes partis faire notre vie ailleurs.

Toi, tu es resté avec les parents et tu les as aimés et protégés jusqu’à la fin de leur vie au détriment de ta santé physique, et ce pendant plus de vingt ans. Ton amour filial a été exemplaire.

Tu as été cent fois bien meilleur que nous tous sur tous les plans et cela malgré ton handicap.

Tu disais que tu ne voulais pas être un poids pour nous et tu as travaillé sans relâche pour ne pas avoir à dépendre de qui que ce soit.

Tu avais ta fierté et ta dignité

Tu as rencontré l’incompréhension, l’ingratitude, le mépris, l’indifférence, l’abandon, la solitude.

Tu as souffert sans rien dire, sans te plaindre. Ce combat contre cette solitude a été terrible et tu l’as fait avec courage en gardant toujours ta foi en Dieu.

Dans la détresse, heureusement, il y a eu deux personnes exceptionnelles, deux voisines qui nous connaissent depuis notre enfance, deux anges gardiens que je tiens à remercier profondément pour leur soutien sans faille jusqu’à la fin.

La culture orientale compare la vie à un océan de souffrances et la culture occidentale me fait penser que tu vas enfin retrouver la paix et la sérénité maintenant que tu as franchis le Styx.

Repose en paix, mon frère.
                                                                  
   Thérèse

 

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