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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Lc 9, 28b-36 ; 2e dimanche du Carême - La Transfiguration du Seigneur

Publié par père Jean-Luc Fabre sur 14 Mars 2019, 01:11am

Catégories : #2013 Evangile piste de réflexion

Luc 9, 28b-36 Le Seigneur en lui-même, dans ses multiples relations, plein de gloire… nous appelle à Le suivre.

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

***

Aujourd’hui, dans le miracle de la Transfiguration, où « son visage apparaît tout autre », l’enjeu de notre état de disciple est clairement exprimé. Les spectateurs requis pour la Transfiguration sont bien Pierre, Jean et Jacques à qui le Père s’adressera. La requête est si forte, qu’ils en resteront muets pour une longue période. Il en est de même pour nous, lecteurs du XXIe siècle. Trois clefs nous sont données pour notre chemin dans le concret de notre existence propre. La visée de l’aventure intégrale du Seigneur Jésus nous est livrée où nous avons notre place promise, le principe de l’action du Seigneur également, lui qui est « choisi » par le Père. Cela éclaire la compréhension que nous pouvons avoir du chemin que prend le Seigneur et nous ouvre, également, le principe du développement de notre propre action à sa suite. Alors nous pouvons  pleinement recevoir celui que nous avons concrètement à suivre. « Jésus seul » est là avec nous, appel à notre propre chemin au plein de notre humanité.

« Son visage apparut tout autre » La prière est une relation, une relation vivante qui transforme celui qui s’y livre. Il en est bien ainsi du Seigneur. Dans cette scène nous assistons comme à l’expression de ce qui anime le Seigneur, de ce qui le préoccupe, « son départ ». Cela le transforme, le rend comme incandescent, projeté qu’il est vers son avenir, notre avenir… Apparaissent, dans cette perspective, des personnes avec lesquelles il est en relation pour que sa mission soit pleinement réalisée. L’enjeu est bien d’amener à leurs termes et l’histoire d’Israël, et celle de l’humanité toute entière. Chacun trouvera là sa place, le juif et le païen. Jésus reste là comme lieu du passage. La perspective de l’humanité et de son devenir sont posés. Il est bon de le saisir, de la goûter. Il est impossible de demeurer dans cet état. Il est appel à cheminer là où chacun de nous se trouve. La question devient si nous voyons le terme, comment y accéder, quelle attitude prendre, quel principe suivre…

« Celui que j'ai choisi » Le principe s’énonce, vient à notre aide pour nous donner de cheminer, aussi bien Notre Seigneur, que nous-mêmes, par rapport à Lui. Le Père redit au Fils en s’adressant à ses frères, qu’il est Celui qu’il a choisi. Dès lors, Jésus ne peut vivre, accueillir les événements, tous les événements qu’à partir de l’identité qu’il reçoit. En tout il cherche et cherchera à manifester qu’il est celui qui a été choisi. C’est ainsi qu’il accomplira sa mission, qu’il ouvrira un chemin à ses frères, à nous. Et nous comprenons aussi notre propre attitude : écouter le Seigneur, du plus profond de notre être, entrer dans sa manière à lui de vivre… Nous découvrons qu’il ne s’agit pas de faire, mais d’être, d’attester… d’être en relation. Oui, il s’agit d’écouter jusqu’au bout celui qui attestera de son identité de Fils, de personne choisie, jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême de la négation, jusque dans la mort…

« Jésus seul » Nous revenons à notre situation présente, les apôtres aussi reviennent dans la situation concrète de leur vie avec Jésus, la visée ainsi que le fondement qui se sont manifestés se retirent, semblent comme se cacher à nous, ils nous ouvrent le temps du quotidien, du cheminement, de la foi, du devenir. Jésus est là avec nous, avec sa vie humaine que nous recevons, dont nous nous imprégnions. Notre cœur est plein de la sollicitude du Père envers son Fils, du Père envers nous. Il nous a parlé, il nous a fait signe. Il nous rend interlocuteurs. Nous avançons en nos vies, nous acceptons le chemin, sachant à quoi nous sommes dans la situation présente appelés à être, à faire : à attester de sa bonté envers tous.

Merci à l'auteur de cette image
Les quatre quadrants

père Jean-Luc Fabre
 

Mission : Les deux pères jésuites attestent, dans le don de leurs vies, du Mystère du Père qui envoie le Fils. The Mission (Roland Joffé) 1986

 

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