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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


3ème dimanche du temps ordinaire, C - Il ouvrit le livre …

Publié par Père Olivier de Framond sur 25 Janvier 2019, 23:45pm

Ouvrir le livre, voilà un geste bien ordinaire. Ceci dit, ce n’est pas n’importe quel livre qu’Esdras et Jésus ouvrent. Le livre de la Loi. La Loi et les prophètes. La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie, chante le psalmiste. Ça commence à sentir bon la vie. Pour Esdras c’est sûr. Car ce sont les premiers retours de l’exil à Babylone. Une vie redonnée, oui. Entre l’affliction à retrouver des ruines et la joie. « La joie du Seigneur est notre rempart ». Et pour nous ? une vie se redonne-t-elle ? Ou je rêve qu’elle revienne ? La fraternité grandit-elle ?

Quand Jésus ouvre le livre, Israël est de nouveau occupé. Par les Romains, cette fois. Le passage d’Isaïe rappelle un temps de captifs, d’opprimés, de pauvres, d’aveugles. Et pourtant, comme pour Esdras, « la joie du Seigneur » reste son rempart. Avec Esdras, un corps revit : prêtres, scribes, lévites traducteurs, tout le peuple, chantent et bénissent le Seigneur. Ils montrent un corps guéri, vivant, debout, les mains levées au ciel. La joie du Seigneur trouve goût et saveur, dans des viandes succulentes et des boissons aromatisées. Ça sent la vie ! On retrouve le corps vivant loué par St Paul : le corps du Christ, où le pied, la main, l’oreille, le nez, l’œil, chaque membre a sa place. Ils ne sont pas en compétition. Ils sont en humble place, serviteurs et maîtres, Juifs et païens. Un corps guéri vit d’un même Esprit avec des membres en humble place, reliés les uns aux autres. C’est le miracle que Dieu opère.

Un geste banal est ajouté par Luc, qu’on ne voit pas avec Esdras : Jésus referme le livre et le rend. Comme si le livre maintenant, c’était lui, Jésus. Les Ecritures vivent en lui. Dieu nous invite à opérer une conversion de lecture : le Christ est la Parole « qui redonne vie ». Ce livre s’ouvre à nous aujourd’hui. En toute situations, au temps d’Isaïe comme au temps d’Esdras, en temps de captivité, d’aveuglements, comme quand le ciel s’éclaircit. Il est cette parole que je guette émerveillé, et qui peut-être va rencontrer mes résistances, comme ici à Nazareth. C’est ainsi, aujourd’hui, que l’Ecriture s’accomplit. La joie du Seigneur est notre rempart, dans la détresse comme dans la paix. Un livre s’ouvre, qui accomplit l’offrande de Dieu aux pauvres et à toutes les nations. Car Dieu ne peut garder pour lui son trésor de vie. Il est aussi pour les Perses, les Romains, et tous ceux qui m’oppriment. Un jour ils verront. C’est d’ailleurs touchant, cette introduction de Luc : « c’est pour toi que j’écris, cher Théophile ». Théophile, ça veut dire « l’ami de Dieu », toi, vous, moi, j’espère ! Il écrit au Théophile serviteur au boulot ou patron, à tout ami de Dieu.

Père Olivier de Framond

Ne 8, 2-4a.5-6.8-10 ; Ps 18 (19), 8, 9, 10, 15 ; 1 Co 12, 12-30 ; Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21
Merci à l'auteur de cette photo
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