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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


2ème dimanche du Temps Ordinaire — Année B

Publié par père Roland Cazalis sur 13 Janvier 2018, 20:41pm

Catégories : #homélie_cazalis

1 S 3, 3b-10.19 ; Ps [39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd] ; 1 Co 6, 13c-15a. 17-20 ; Jn 1, 35-42

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Une fois la voix identifiée par Elie, on la formule suivante :

 « Le Seigneur vint, et il se tenait là »

Cette formule me rappelle celle utilisée pour signifier la manière dont le Ressuscité se fit présent aux apôtres, alors que toutes les portes étaient closes, « il vint et se tint au milieu d’eux ».

Il ne s’agit pas seulement d’une voix, mais d’une présence quasi physique.

Cela me ramène à la notion de « corps fondamental », une notion ainsi dénommée, faute de mieux, pour signifier la présence du Ressuscité aux disciples, et dont le corps physique n’est que l’apparence du corps fondamental.

Sachant cela, on comprend toute la portée de l’exhortation de Paul, dans la deuxième lecture, adressée aux chrétiens de Corinthe de se garder de “ vivre à la corinthienne ” c.-à-d. la débauche et la luxure affichée. Il emploie le mot « débauche » pour signifier l’autoprofanation, parce que dans ce cas, le corps fondamental est atteint et affecté et cela fait mal !

Paul signifie par là que le péché est d’abord un péché contre soi-même, et chacun le sait par expérience.

Quand je me confesse et que je désire le sacrement de réconciliation, je confesse bien évidemment ce qui me fait mal. Dans le cas contraire, je raconte des histoires et même des mensonges par omission.

Dans l’évangile, on peut trouver une autre expression : « poser son regard sur ».

L’expression est en œuvre dans le rapport de Jean Baptiste à Jésus, de Jésus à Pierre, et de toute évidence de Dieu à Samuel.

Dans un premier sens, l’expression signifie « reconnaître », ou « le voici ! »

Dans un deuxième sens, elle signifie « prendre possession de », dans ce cas, cela ne fonctionne que dans le rapport de Dieu à quelqu’un d’autre ; ainsi en est-il dans le rapport de Jésus à Pierre.

Quand le « prendre possession de » a lieu entre deux personnes, alors cela doit être le fruit d’une rencontre au sens où Martin Buber utilise le mot « rencontre ».

En l’absence d’une rencontre, la sagesse nous met en garde contre toute tentative de mettre en place une ingénierie afin de « prendre possession d’autrui ».  Le christianisme appelle cette même mise en garde « chasteté ».

Certaines personnes aimeraient bien être « captées » de la sorte, afin d’exister aux yeux de quelqu’un. Les cerveaux de Daesh savaient très bien repérer cette demande chez certains.

La question des disciples de Jean est assez cocasse : « où demeures-tu ? », on aurait dit une question pour en poser une autre.  Elle serait « que devons nous faire pour demeurer avec toi ? »

Précisément, il n’y a rien à faire de spécial, sinon être appelé. Justement, il leur dit « venez, et vous verrez »

Jean Baptiste reste en arrière, lui l’initiateur. Ses disciples le quittent ; tout est normal. Il ne les avait pas « captés » ! Il les préparait à la rencontre avec l’Agneau de Dieu.

Père Roland Cazalis (bref commentaire des textes du dimanche)

 

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