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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


On est signe pour les autres, pas pour soi.

Publié par Père Roland Cazalis sur 8 Décembre 2018, 19:56pm

Catégories : #homelie_cazalis

L’évangéliste Luc pose le cadre historique et géopolitique de l’événement qui est en train de se dérouler et de ce qui va venir.
Tibère est l’empereur  romain (42 av. J.-C. - 37 ap. J.-C)
Ponce Pilate est le gouverneur en Judée
Hérode est le roi nommé par Rome pour la Galilée, tandis que Philippe son frère l’est pour les contrées voisines, etc.
Ensuite, le pouvoir religieux : les deux grands prêtres Hanne et Caïphe.
 
Voilà, le cadre est posé.
 
Et voici qu’un individu nommé Jean fait son apparition.
Les grands personnages évoqués paraissent fixes sur leur trône, tandis que Jean est mobile et transversal.
 
Il n’a aucun pouvoir comparable aux notables précédents. Il ne fait pas partie de cette hiérarchie.
 
Néanmoins, il a un autre pouvoir, ou plutôt une mission reçue de la parole de Dieu, de la voix de Dieu, à savoir celle de proclamer un baptême de conversion pour le pardon des péchés.
 
Alors, Jean devient la voix de cette voix.
 
Sa mission n’a rien à voir avec celle des politiques et des religieux en place.
 
Donc, Jean n’est pas leur concurrent ; il ne brigue pas une place.
 
Puisqu’il ne brigue aucune place, alors, il est libre de ses mouvements.
 
Il peut susciter même la curiosité, voire le sourire.
 
On pourrait dire : « encore, un illuminé ; c’est l’époque qui veut cela ! »
 
Il n’est pas dangereux ! Il ne prône aucune révolution, aucun appel au peuple à renverser le pouvoir en place.
 
La parole de Dieu, quand elle est proclamée et entendue, aplanit des montagnes, comble des vallées et redresse des sentiers tortueux.
 
Cette puissance tellurique s’exerce sur notre géographie intérieure et mentale. Elle s’exerce sur la  géographie de notre désir, sur celle de nos projets, etc.
 
En ce sens, Jean n’est pas un personnage dangereux.  Le danger vient de la parole qu’il fait entendre, car cette parole a la faculté de s’immiscer dans la conscience de tout homme y compris dans celle des politiques et religieux qui sont en place.
 
Mais, à bien entendre, cette parole n’est pas dangereuse, car elle annonce le salut.
 
Des images de salut, il y a en plein dans l’histoire d’Israël.
 
Il y a par exemple l’annonce de la restauration de Jérusalem après les abominations commises par le roi Antiochus Épiphane et relatées dans Isaïe 40-66.
 
L’image emblématique du salut est bien entendu la sortie d’Égypte.
 
Autre image de salut d’importance est celle du retour des exilés à Jérusalem après la déportation à Babylone.
 
Il y a aussi des images de salut collectif dans les contrées où nous sommes.
La plus forte est sans conteste la promesse de la constitution de la communauté européenne pour en finir avec la guerre en Europe et rapprocher affectivement les peuples.
 
À entendre ce qui se dit ici et là, on dirait que des fractions du peuple commencent à douter des bienfaits de ce grand projet et commencent à regretter les marmites des Égyptiens.
 
D’ailleurs, les grands Bretons ont décidé de faire demi-tour et de revenir dans « l’Égypte du chacun pour soi ». C’est le premier groupe à passer à l’acte, mais pas le seul à avoir ce dessein.
 
Il y a quelque chose de messianique dans ce grand projet européen, et il ne faut pas s’étonner qu’il soit difficile à mettre en œuvre et battu en brèche par des vents contraires au sein même du peuple ainsi qu’à l’extérieur par ceux qui ne désirent pas que les valeurs qu’il porte pèsent sur les décisions internationales dans un futur pas si lointain.
On est signe pour les autres, pas pour soi.
 
Les valeurs que l’on prône font et sont signe également.
 
Une autre image de salut collectif, c’est symboliquement la CPO21. Ce n’est pas à cause de Paris, mais plutôt le fait que cet événement a représenté un tournant dans l’engagement des nations de bonne volonté à s’engager pour assurer l’avenir  des générations futures et qu’à partir de la COP21 il n’était plus pensable de revenir en arrière.
 
Oui, notre monde a besoin de prophète de la figure de Jean-Baptiste pour que ces projets de salut collectif soient annoncés comme une voix dans le désert.
 
Sans doute que ces Jean Baptiste doivent être dégagés des pouvoirs politiques et religieux en place afin d’être des hommes et des femmes libres et capables de faire entendre la voix venue d’en haut.
 
Prions le seigneur pour que ces prophètes dont le monde a tant besoin se lèvent.
 
Amen.
Père Roland Cazalis
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